Quand vous poussez la porte d’un centre auditif, rien ne vous dit qui le possède. L’enseigne sur la vitrine ne l’indique pas. Les registres d’entreprises ne le disent qu’à qui sait les lire. Nous avons recensé 5 404 points de vente d’audioprothèse à partir des seules données publiques de l’État, puis remonté la propriété de chacun.
928 d’entre eux, 17,2 %, relèvent d’un groupe contrôlé par un fabricant d’aides auditives. Demant en contrôle 702 via Audika et Audilab, Sonova 226 via Audition Santé1.
Ce total recouvre trois niveaux de preuve, que nous distinguons plutôt que de les fondre. Pour 724 points de vente, 13,4 %, la société qui exploite le centre appartient en propre au fabricant : les 503 Audika relèvent d’une société unique, filiale de Demant, et 221 des 226 Audition Santé d’une filiale de Sonova. Les 5 Audition Santé restantes sont rattachées à Sonova par leur seule enseigne au registre, leurs exploitants étant des sociétés tierces. Pour les 199 autres, 3,7 %, le contrôle est établi au niveau du groupe. L’Autorité de la concurrence a qualifié l’opération de 2019 de prise de contrôle exclusif d’Audilab par Demant1. Mais les centres sont exploités par 48 sociétés régionales dont le capital est, selon le modèle affiché par le réseau, partagé avec le praticien, dans une proportion qui n’est pas publique.
Ce chiffre est appelé à changer d’échelle. Le 16 mars 2026, Amplifon a annoncé le rachat de GN Hearing, propriétaire des marques ReSound et Beltone, pour 2,3 milliards d’euros2. Si l’opération est autorisée par les autorités de concurrence et sans remède imposé, le premier réseau de distribution français devient aussi un fabricant, et la part du parc détenue par un industriel de l’aide auditive passerait à 28,2 %.
Plus d’un point de vente recensé sur quatre relèverait alors d’un fabricant d’aides auditives.
Pourquoi 5 404 et non 8 287 ? Les estimations professionnelles situent le parc autour de 8 300 centres. Notre chiffre est plus bas parce que notre critère est plus strict : nous n’avons retenu une adresse que si un audioprothésiste y est inscrit à l’Annuaire Santé de l’Assurance maladie. Cet annuaire ne couvre pas tout le parc, et une adresse sur quatre n’y trouve aucune correspondance exacte. Nous ratons donc environ un tiers des points de vente.
C’est un choix assumé : mieux vaut un recensement incomplet dont chaque ligne est vérifiable qu’un total exhaustif dont on ne saurait pas ce qu’il contient. Toutes les parts publiées ici se lisent sur ce plancher de 5 404, jamais sur le parc réel. La mesure de l’écart, et ce qu’elle implique, sont détaillées plus bas.
Ce que cette étude mesure, et ce qu’elle ne mesure pas
Elle mesure la détention du capital : qui possède la société qui exploite chaque point de vente, d’après les registres publics.
Elle ne mesure ni ce qui est prescrit, ni ce qui est vendu, ni les conditions commerciales des réseaux. Elle ne dit rien non plus, pour les points de vente sans réseau identifiable, de leurs conditions d’achat, de leurs prix ou de leur rentabilité : elle établit seulement leur nombre. Aucune conclusion sur les pratiques au comptoir ne peut être tirée de ces chiffres, et nous n’en tirons aucune.
Déclaration d’intérêts. LeGuideAuditif.fr n’a aucun lien de capital avec un fabricant ni avec un réseau. Le site tire en revanche des revenus du marché qu’il décrit : abonnements de centres, affiliation, prestations aux professionnels. Il n’est donc pas un observateur extérieur.
Aucun des groupes nommés dans cet article n’est client du site. Ces abonnements sont par ailleurs concentrés : la majorité provient d’une seule enseigne de franchise, que cette étude ne cite pas.
L’auteur a exercé au sein de plusieurs des enseignes citées. Il ne vend plus d’aides auditives depuis décembre 2025.
Le paysage de l’audioprothèse : 5 404 points de vente, 2 276 propriétaires
Avant de savoir qui possède quoi, il faut regarder la forme du terrain.
Le parc recensé compte 5 404 points de vente. Sur les 5 188 dont l’exploitant a pu être identifié, la propriété se répartit entre 2 276 sociétés distinctes, soit 2,3 points de vente par propriétaire en moyenne. Mais la moyenne ment, parce que la distribution est très déséquilibrée.
La taille du propriétaire est lue au registre, en nombre d’établissements ouverts de la société, toutes activités confondues : sièges et magasins d’optique compris. Ce n’est pas un décompte de points de vente d’audioprothèse : une société qui exploite quatre magasins d’optique et un espace audition apparaît ici en « 2 à 5 ». La mesure surestime la taille des propriétaires, jamais l’inverse.
| Taille du propriétaire | Points de vente | Part du parc |
|---|---|---|
| Société à 1 seul établissement | 1 115 | 20,6 % |
| 2 à 5 établissements | 1 600 | 29,6 % |
| 6 à 20 | 536 | 9,9 % |
| 21 à 100 | 421 | 7,8 % |
| Plus de 100 établissements | 1 516 | 28,1 % |
| Propriétaire non identifié | 216 | 4,0 % |
| Total | 5 404 | 100 % |
Un point de vente sur cinq est exploité par une société qui ne déclare qu’un seul établissement au registre. Plus d’un sur quatre l’est par une société qui en déclare plus de cent, tous établissements confondus. Le marché est donc simultanément atomisé et concentré.
Entre ces deux extrêmes, la masse est faite de très petites structures : 1 600 points de vente relèvent d’une société de deux à cinq établissements, contre 957 seulement, 17,7 %, pour l’ensemble des sociétés de six à cent établissements. C’est là que le tissu s’amincit : entre la petite entreprise et le grand réseau, il n’y a presque personne.
Cette structure de propriété se superpose à une répartition géographique déjà très inégale, que nous avions mesurée dans notre étude sur les déserts auditifs.
Deux périmètres, rapportés séparément
Un point de vente d’audioprothèse peut être un centre autonome ou un espace audition dans un magasin d’optique. Les deux ne sont pas le même objet, et nous ne les fusionnons pas en un chiffre unique :
- 5 107 adresses portent au moins un établissement enregistré sous le code d’activité du commerce d’articles médicaux, le cœur du parc ;
- 297 adresses relèvent uniquement de l’optique, avec un audioprothésiste référencé sur place.
Tous les pourcentages de cette étude portent sur l’ensemble des 5 404, sauf mention contraire.
Douze modèles de détention, pas quatre
Le vocabulaire du secteur mélange en permanence les statuts. « Réseau », « groupement », « enseigne » désignent des réalités juridiques différentes. Nous avons classé chaque point de vente selon le critère qui détermine qui décide : qui détient le fonds de commerce.
| Modèle | Points de vente | Ce qu’il signifie |
|---|---|---|
| Indépendant | 2 037 | Aucun réseau ni contrat identifiable |
| Succursalisme | 1 381 | Le siège possède le fonds, l’audio est salarié |
| Indépendant multi-sites | 414 | Un praticien ou une famille sur plusieurs adresses |
| Franchise | 348 | Fonds détenu par le franchisé, cadre imposé |
| Mutualiste | 341 | Structure de soins mutualiste, audio salarié |
| Association-gérance | 199 | Capital partagé entre praticien et groupe |
| Groupement d’indépendants | 134 | Adhérent libre, enseigne commune |
| Coopérative d’audioprothésistes | 132 | Les adhérents possèdent la centrale |
| Coopérative d’opticiens | 127 | Le sociétaire est opticien, l’audio est un espace |
| Licence de marque | 65 | Redevance légère, autonomie complète |
| Autres modèles | 10 | Effectifs marginaux |
| Propriétaire non identifié | 216 | Exploitant non déterminable avec certitude |
| Total | 5 404 |

Le vocabulaire du secteur en connaît quatre ; les registres en font apparaître douze.
Ces douze modèles sont la nomenclature détaillée. Le tableau les présente en onze lignes : « Autres modèles » regroupe 8 points de vente en modèle mixte succursale-franchise et 2 sous label d’indépendants.
Une seconde nomenclature, plus agrégée, celle du brief initial, en quatre cases, sert aux comparaisons de presse. Elle est trompeuse si on l’utilise seule, et il faut le dire. Sa catégorie « adhérent de groupement » compte 659 points de vente : les groupements (134), les deux familles de coopératives (132 et 127), les licences de marque (65), les 2 sous label, et les 199 points de vente en association-gérance, c’est-à-dire le réseau Audilab. Un lecteur qui travaille sur cette grille rangerait donc sous l’étiquette la plus éloignée du constat les points de vente que nous comptons comme contrôlés par un fabricant. Sa catégorie « succursale de groupe » (2 144) absorbe de même les 414 indépendants multi-sites, les 341 points de vente mutualistes et les 8 en modèle mixte succursale-franchise : elle mesure l’intégration de l’exploitation, pas la perte d’indépendance du praticien.
C’est la limite d’une grille en quatre cases, et c’est pourquoi nous publions les douze modèles à côté.
Deux distinctions méritent d’être posées, parce qu’elles sont régulièrement confondues. Écouter Voir n’est pas une coopérative : les centres sont détenus par des structures mutualistes et l’audioprothésiste y est salarié. Krys et Atol sont des coopératives d’opticiens : le sociétaire est un opticien qui a ouvert un espace audition.
Ce que dit l’étude
La détention par un fabricant, à trois niveaux de preuve
| Fabricant | Réseau | Points de vente | Part du parc recensé | Niveau établi |
|---|---|---|---|---|
| Demant | Audika | 503 | 9,3 % | société d’exploitation détenue en propre |
| Sonova | Audition Santé | 221 | 4,1 % | société d’exploitation détenue en propre |
| Sous-total détention en propre | 724 | 13,4 % | ||
| Sonova | Audition Santé, enseigne portée par un tiers | 5 | 0,1 % | rattachement par l’enseigne au registre ; capital de l’exploitant non public |
| Demant | Audilab | 199 | 3,7 % | contrôle du groupe (décision 19-DCC-244) ; capital des 48 sociétés locales non public |
| Total actuel | 928 | 17,2 % | ||
| Amplifon, si le rachat est autorisé | Amplifon | 598 | +11,1 % | opération non close |
| Total projeté | 1 526 | 28,2 % |

Qui fabrique les aides auditives vendues dans les centres qu’il possède. Les traits pointillés marquent l’opération Amplifon–GN Hearing, annoncée mais non close.
L’intégration verticale n’est pas nouvelle : la prise de contrôle d’Audika par Demant a été autorisée en septembre 2015, celle d’Audilab en décembre 20191. Ce que l’opération Amplifon–GN Hearing change, c’est l’ordre de grandeur.
37,7 % des points de vente recensés sans réseau identifiable
Sur les 5 404 points de vente recensés, 2 037, 37,7 %, ne sont rattachables à aucun groupe, réseau ou contrat par les sources publiques.
Ce chiffre décrit l’indépendance juridique et contractuelle telle que les registres permettent de l’établir. Il ne dit rien de la qualité de la prise en charge : le statut du fonds de commerce ne dit rien du soin, et cette étude ne mesure ni l’un ni l’autre.
Marque et propriétaire ne se recouvrent pas
Au niveau du propriétaire, et non de la marque : Demant 702 points de vente, Amplifon 598. À eux deux, 24,1 % du parc recensé. Demant en relève davantage parce qu’il porte deux enseignes, Audika et Audilab.
Ces effectifs sont ceux du parc recensé, comptés par adresse. Ils changent avec l’unité retenue. Le registre regroupe les établissements par SIREN, le numéro à neuf chiffres qui identifie une société au répertoire national tenu par l’INSEE ; le SIRET, lui, désigne un établissement précis de cette société. Le registre donne 843 établissements sous le seul code de l’audioprothèse au SIREN d’Amplifon, 880 tous codes confondus, et 653 à celui d’Audika, 663 tous codes confondus. L’appariement entre SIRET et registre des professionnels en donne respectivement 340 et 3493. Les écarts entre ces mesures d’une même enseigne sont plus grands que l’écart entre les deux enseignes. Nous ne publions donc aucun classement entre elles. Ces chiffres ne sont pas non plus comparables à ceux des enseignes en franchise, en groupement ou en coopérative, dont l’étude ne compte que les points de vente affichant leur enseigne.
Le marché se déconcentre en vitrine et se concentre au capital
Le secteur dispose déjà d’un dénombrement de référence : le Baromètre de la Distribution publié par Audiologie Demain, qui recense 8 287 centres au 1er février 2026 et suit leur répartition par enseigne. Sa mesure est solide et notre étude ne la remplace pas, elle regarde autre chose.
Deux de ses résultats, publiés en accès libre, méritent d’être lus ensemble avec les nôtres.
Premier résultat : les enseignes se déconcentrent. Les dix premiers acteurs représentaient 65 % des centres en 2019, ils en représentent 55 % en 2026. Rapportée à ses 8 287 centres, la part d’Amplifon est passée de 13 % à 9,3 %, celle d’Audika de 10,3 % à 7,6 %. Vu de la vitrine, le marché s’ouvre.
(Ces pourcentages portent sur le parc du Baromètre, pas sur le nôtre. Les parts que nous publions ailleurs dans cet article ont pour dénominateur nos 5 404 points de vente recensés : les deux séries ne se comparent pas terme à terme.)
Second résultat : le classement dépend de ce qu’on compte. Ce baromètre classe par enseigne : Audika et Audilab y figurent séparément, comme deux acteurs distincts. C’est cohérent avec son objet, mesurer des réseaux commerciaux. Mais les deux appartiennent au même groupe depuis décembre 2019, et l’Autorité de la concurrence relevait alors 213 centres pour le seul Audilab1. Regroupés, ils changent l’ordre du classement.
Nous ne publions pas de palmarès concurrent, pour les raisons de méthode exposées plus haut. Nous constatons seulement que les deux lectures ne donnent pas le même résultat, et qu’aucune n’est fausse : l’une mesure des enseignes, l’autre des propriétaires.
Ces deux mouvements ne portent pas sur le même objet, et l’un ne prolonge pas l’autre, il faut le dire précisément, parce que le raccourci serait tentant.
Le baromètre mesure des enseignes, à deux dates. Leur poids relatif diminue alors même que leur nombre de centres augmente : à parc total en hausse de 52 % depuis 2019, les dix premiers acteurs passent de 65 % à 55 % de part, mais gagnent près de mille centres en valeur absolue. Amplifon en compte 768 aujourd’hui contre environ 709 en 2019, il en a gagné une soixantaine tout en perdant près de quatre points de part. Personne ne recule ; le gâteau grossit plus vite que les gros.
Notre étude mesure la détention du capital, à une seule date. Nous n’avons pas de mesure 2019 du même indicateur, et nous n’établissons donc aucune tendance de la propriété. Ce qui est daté tient en deux faits : un fabricant a pris le contrôle d’un réseau de 213 centres en décembre 2019, un distributeur a annoncé le rachat d’un fabricant en mars 2026.
Deux opérations ne font pas une tendance. Elles indiquent où regarder : la déconcentration se voit sur les devantures, la propriété se décide au-dessus, et aucune des deux mesures ne renseigne sur l’autre.
La propriété n’est pas répartie de la même façon partout
La détention par un fabricant n’est pas uniforme sur le territoire. Sur les départements où le recensement compte au moins vingt points de vente, elle va de zéro à 45,5 %. La part d’indépendants varie dans les mêmes proportions, de 12,5 % à 56,5 %.

Part détenue par un fabricant, par département.

Part de points de vente sans réseau identifiable, par département.
Dix-neuf départements comptent moins de vingt points de vente recensés. Ils sont hachurés et exclus de l’échelle : à cette taille, un écart de deux ou trois centres déplacerait la couleur de plusieurs crans, et la carte donnerait à voir du bruit d’échantillon plutôt qu’un fait. Ces cartes se lisent en aplat, jamais en classement.
Ce que les registres ne disent pas
C’est le résultat le plus dérangeant de cette étude, et il n’était pas prévu : sur une part substantielle du parc, la propriété n’est pas établissable à partir des données publiques.
Après avoir croisé le répertoire SIRENE et l’Annuaire des entreprises, 2 366 des 7 156 établissements recensés, 33,1 %, ne portent aucune enseigne permettant de les rattacher à un réseau. C’est le seul pourcentage de cet article rapporté à l’établissement et non à l’adresse : les 5 404 adresses du recensement portent 7 156 établissements. Dans ces cas, la raison sociale ne dit rien.
Nous l’avons vérifié à la main sur deux échantillons tirés séparément. Le premier est un tirage aléatoire stratifié : cent adresses tirées au sort dans le recensement. Aucun faux positif. Vingt-quatre d’entre elles ont été confrontées à une source extérieure au registre, et ce sont elles qui portent la valeur du contrôle : les soixante-seize autres ont été vérifiées sur une pièce publique du registre lui-même, c’est-à-dire contre l’instrument que cette étude teste.
Ces vingt-quatre n’ont pas davantage été tirées au sort parmi les cent. Elles couvrent la totalité des adresses partagées avec un opticien et plus de la moitié des adresses à établissements multiples, contre moins d’une sur dix parmi les adresses sans ambiguïté. C’est un choix, et il rend le contrôle plus exigeant qu’un sous-tirage aléatoire, pas moins.
Le second est délibérément adverse : huit adresses choisies là où la raison sociale ne portait aucun marqueur d’activité auditive, c’est-à-dire là où le registre est le plus muet, et contrôlées une à une sur les sites des enseignes et les annuaires professionnels, entre le 3 et le 4 août 2026. Six de ces huit ne portaient aucune enseigne à l’adresse contrôlée, et cinq n’en portaient nulle part, pas même au siège de leur société. Deux exemples :
- une société immatriculée sous un sigle de quatre lettres, dans le Calvados, exploite un centre à l’enseigne Krys Audition ;
- une société dont la raison sociale n’évoque aucune activité auditive, dans la Vienne, exploite un Unisson.
Le premier cas appelle une précision, et elle joue contre la simplicité du constat : cette société déclare bien son enseigne au registre, mais à l’adresse de son siège et non à celle du centre, et sous une orthographe fautive. Une recherche exacte ne la trouve pas ; une recherche par numéro de société, oui.
Les quatre autres adresses sans enseigne se répartissent en trois cas. L’une relève d’un réseau national de franchise, dans les mêmes conditions que les deux exemples ci-dessus. Sur deux autres, le seul établissement que le registre connaît à l’adresse est celui d’un opticien : il exerce lui-même l’audioprothèse dans un cas, il héberge dans l’autre un audioprothésiste immatriculé ailleurs. La dernière est un indépendant dont le registre porte le nom commercial, mais dans un autre champ que l’enseigne.
Les deux adresses restantes portaient une enseigne, mais qui ne désigne aucun réseau : pour l’une, sa propre raison sociale ; pour l’autre, celle d’un opticien.
Huit vérifications ne font pas une statistique : ce test sonde le pire cas, il ne mesure pas une fréquence. C’est le décompte de 33,1 % qui donne l’ampleur, pas lui.
Ce dernier cas d’hébergement mérite d’être détaillé, parce qu’il est plus fréquent qu’il n’y paraît. Dans une commune rurale, l’audioprothèse est exercée par une société dont le siège se trouve dans un autre département, hébergée dans les murs d’un opticien. Le registre ne connaît à cette adresse que l’opticien : lui attribuer le point de vente aurait été un faux.
C’est la limite dure de l’exercice. Un franchisé possède son propre SIREN, sa propre raison sociale, sa propre adresse. Dans les registres, il est indiscernable d’un indépendant. Le contrat qui l’attache à un réseau n’est écrit dans aucune source publique.
Ce qui a failli fausser cette étude
Une étude qui ne raconte pas ses erreurs demande qu’on la croie sur parole. Voici les trois qui auraient changé les chiffres.
La moitié de l’extraction initiale était constituée d’établissements fermés. La requête interrogeant le répertoire SIRENE retournait tout établissement ayant été actif sous le bon code d’activité à une époque quelconque. Y compris fermé depuis.
Sur le premier vivier, 12 888 établissements sur 25 824 étaient morts. Le recensement comptait alors 9 615 établissements, contre 6 861 une fois les établissements fermés écartés, soit 29 % du comptage initial, ou 40 % de plus que le chiffre juste, et dans le sens qui nous arrangeait. Un second correctif, sans rapport avec le premier, l’a ensuite fait remonter à 7 156 : la réconciliation des indices de répétition d’adresse, qui permet d’apparier des lieux jusque-là manqués. Après dédoublonnage par adresse, il reste les 5 404 points de vente publiés ici.
Un réseau d’optique a failli être compté comme réseau audio. GrandVision France apparaissait 55 fois dans le recensement. Vérification faite au registre, cette société ne compte aucun établissement sous le code d’activité de l’audioprothèse, et le répertoire des professionnels de santé n’y recense un audioprothésiste que sur 2 de ses sites. Ses magasins étaient entrés parce qu’un fournisseur d’audioprothèse est référencé à leur adresse, inclusion légitime au titre du périmètre optique, mais qui n’en fait pas un acteur de l’audioprothèse.
Un diagnostic entier reposait sur une requête tronquée. Pour mesurer ce que le recensement ratait, une première analyse interrogeait SIRENE code postal par code postal, en ne recevant que les mille premiers résultats. Or les codes postaux testés en comptaient jusqu’à trente mille : le filtre ne voyait qu’une fraction arbitraire.
Refaite avec une requête ciblée et un garde-fou anti-troncature, l’analyse a confirmé la conclusion, 31 adresses sur 39 restaient sans établissement correspondant, une trente-deuxième étant écartée du décompte parce que sa réponse était elle-même tronquée. Mais la méthode qui l’avait établie ne valait rien. Un résultat juste obtenu par un raisonnement faux reste un résultat indéfendable.
Le détail complet de ces corrections est consigné dans notre journal de travail, communicable sur demande.
J’ai travaillé chez deux des groupes que cette étude cite
Point de vue de l’auteur, distinct des résultats de l’étude. Par Franck-Olivier Chabbat, audioprothésiste diplômé d’État, ADELI 692606494, fiche au répertoire national des professionnels de santé.
Autant le dire avant les chiffres : j’ai exercé chez Amplifon et chez Audika. J’ai ensuite dirigé un réseau de dix-huit centres sous enseigne Afflelou, puis passé cinq ans chez Auzen. Je ne vends plus d’aides auditives depuis décembre 2025.
C’est ce qui me permet de lire ces registres, et c’est aussi ce qui doit vous rendre attentif à ce que j’en dis. Les chiffres de cette étude ne dépendent pas de mon parcours : ils sortent de SIRENE et de l’Annuaire Santé, que chacun peut consulter, et la méthode qui les produit est publiée. Ce paragraphe-ci, en revanche, n’engage que moi.
Ce parcours a servi deux fois dans ce travail. Un décompte m’a paru trop élevé, j’en connais l’ordre de grandeur ; la requête comptait certaines adresses deux fois, et la carte départementale affichait 7 156 points de vente là où il y en avait 5 404. Plus tard, lorsque 387 adresses sont restées sans propriétaire identifié, la question que j’ai posée, pourquoi, avec ces sources ?, a fait apparaître que l’Annuaire Santé porte la marque commerciale quand le registre porte la société qui exploite. Il ne manquait pas de données, il manquait une règle : l’attribution est passée de 92,8 % à 96 % des adresses. Les points gagnés plus tôt, de 89 à 92,8 %, venaient d’un autre traitement et ne me doivent rien.
Ces deux réflexes ne prouvent rien sur le fond. Ils disent seulement où un praticien sait qu’il faut regarder. Le reste ne dépend pas d’eux : il est dans la méthode, qui est publiée.
Quand j’ai commencé, il y a 28 ans, un centre auditif était presque toujours un praticien, un laboratoire, une clientèle de quartier. On fabriquait ses embouts sur place. On suivait les mêmes patients pendant quinze ans, j’en ai accompagné plus de trois mille.
En une génération, l’échelle a changé. Le numérique puis l’intelligence artificielle ont exigé des investissements qu’un praticien seul ne porte pas. Les réseaux ont apporté de la visibilité au dépistage, de la puissance de négociation, une professionnalisation réelle. Ce basculement n’est pas un déclin, et je me méfie de ceux qui le racontent ainsi.
Une précaution de lecture, sur ce que ces chiffres ne disent pas.
La détention du capital n’est pas le seul mécanisme susceptible de peser sur l’éventail de marques présent dans un point de vente. Le référencement fournisseur et les accords d’achat sont, par construction, des décisions commerciales, et ils existent indépendamment de toute détention. Cette étude ne mesure ni les uns ni les autres et n’affirme rien sur leur usage : elle établit qui détient quoi, pas ce qui se décide au comptoir.
C’est pourquoi je me garde d’inférer quoi que ce soit des 17,2 %. La propriété par un fabricant est un fait établi ; ce qu’elle produit devant le patient reste à mesurer, et d’autres mécanismes que la propriété peuvent produire le même effet.
Ce que je retiens de ces 28 ans, c’est que la structure de propriété d’un centre ne dit rien de la qualité de ce qui s’y passe. J’ai vu du très bon travail en succursale et du médiocre en indépendant, et l’inverse. Ce que cette étude établit, c’est que le patient n’a aucun moyen de savoir dans quel cas il se trouve. C’est cela qui me paraît devoir changer, pas la structure du marché, mais le droit de savoir à qui l’on a affaire.
Méthode
Le recensement part des seules sources de l’État.
L’INSEE fournit les candidats. Nous avons extrait tous les établissements actifs sous les codes d’activité du commerce d’articles médicaux et de l’optique : 31 851 établissements réellement en activité au 3 août 2026.
C’est ensuite l’Annuaire Santé de l’Assurance maladie qui tranche l’inclusion. Un point de vente n’entre au recensement que si un fournisseur d’audioprothèse y est référencé.
Le code d’activité ne fait donc pas le périmètre. Il produit des candidats, et rien de plus : le premier établissement rencontré à l’extraction était une pharmacie.
L’unité de compte est l’adresse, pas la société : deux sociétés à la même adresse ne font pas deux points de vente.
La propriété se lit ensuite au registre. Les établissements sont regroupés par SIREN, et l’exploitant de chaque adresse est identifié en rapprochant l’identité déclarée à l’Annuaire Santé de celle portée au répertoire SIRENE. Cet appariement aboutit sur 96 % des adresses : 4 711 par identification discriminante, et 477 parce qu’un seul candidat se présentait à l’adresse, cette seconde catégorie restant exposée au cas décrit plus haut. Les 216 restantes sont déclarées non attribuées et ne sont jamais réparties au prorata.
Aucun comptage n’est dérivé de Google Business Profile, dont les catégories incluent des magasins d’optique où aucun audioprothésiste n’exerce. Cette source n’a servi qu’à mesurer ce que le recensement rate.
Cette démarche prolonge celle appliquée à nos fiches d’annuaire, décrite dans notre méthode de qualification des fiches, et s’inscrit dans notre méthodologie éditoriale.
Ce que cette étude ne dit pas
Notre recensement capte mieux les réseaux que les indépendants, ce qui gonfle mécaniquement la part des fabricants. La confrontation au Baromètre de la Distribution le montre chiffre en main : nous retrouvons 598 des 768 points de vente Amplifon qu’il recense, soit 78 %, et 503 des quelque 630 correspondant à la part d’Audika, soit 80 %. Mais nos 5 404 adresses ne représentent que 65,2 % de ses 8 287 centres. Autrement dit, les grands réseaux entrent dans notre recensement bien plus complètement que le parc diffus, ils sont mieux enregistrés, à des adresses mieux formées, sous des raisons sociales plus lisibles.
Conséquence directe, qu’il faut énoncer sans détour : le dénominateur de nos pourcentages sur-représente les réseaux. Rapportée au parc réel plutôt qu’au parc recensé, la part détenue par un fabricant serait plus basse. Nous ne publions pas de chiffre corrigé, faute de mesure fiable du parc manquant, mais 17,2 % doit se lire comme une borne haute pour cette raison-là aussi, et pas seulement à cause du cas Audilab traité ci-dessous.
Audilab est compté sur une preuve de niveau groupe, pas de niveau centre. L’Autorité de la concurrence a qualifié l’opération de 2019 de prise de contrôle exclusif de la société Audilab et de ses filiales par Demant. La répartition du capital des 48 sociétés régionales qui exploitent les centres n’est en revanche pas publique, et le réseau présente son modèle comme une association du praticien à ce capital. Ces 199 points de vente sont donc comptés à part : un lecteur qui retiendrait un critère strict de détention de la société d’exploitation les retirerait du total, avec les 5 rattachés par la seule enseigne, et la part contrôlée par un fabricant reviendrait à 13,4 %. Nous retenons 17,2 % parce que c’est le niveau que la décision de l’Autorité établit, mais le lecteur dispose des deux.
Le recensement sous-compte d’environ un tiers. Quatre jeux de contrôle convergent vers ce constat. Trois sont construits sur des centres dont nous savons par ailleurs qu’ils existent : sur ces centres, l’Annuaire Santé n’en retrouve à leur adresse exacte qu’environ trois sur quatre.
Ces trois-là ne sont pas indépendants entre eux, et ne prétendent pas être représentatifs : ils testent la couverture de l’instrument là où l’existence du centre est certaine, ce qui donne une borne, pas une fréquence.
Le quatrième est extérieur à la fois aux registres et à nos données : le balayage national retrouve 8 731 points de vente contre 5 404 au recensement, soit un rapport de 1,6. Un calibrage distinct, mené sur trois départements de densité différente (254 adresses), donne un facteur cumulé de 1,74, et montre surtout qu’il n’est pas constant : 1,71 à Paris, 1,79 en Sarthe, 2,75 en Creuse. Aucun facteur unique n’est donc applicable au parc national, et nous n’en publions pas.
Ce recouvrement de 62,3 % est une borne basse, et il se lit dans un sens précis : c’est la part de nos 5 404 adresses que le balayage retrouve également, soit 3 369 d’entre elles. L’appariement se fait sur l’adresse normalisée, et les adresses du service consulté sont écrites autrement, « Av. » pour avenue, une plage de numéros là où le registre n’en porte qu’un. Une partie des 2 035 adresses que nous sommes seuls à porter sont donc des échecs de normalisation, pas des absences réelles. Le recouvrement réel est supérieur à 62,3 %, d’un écart que nous ne savons pas chiffrer.
Cette absence ne dit rien du professionnel. Elle mesure la défaillance de l’instrument. Une société déclarée au siège et non au point de vente. Une adresse écrite différemment d’une base à l’autre. Un décalage de mise à jour.
Aucun point de vente absent d’un registre ne doit être présumé non déclaré.
Toutes les parts publiées portent sur le parc recensé, pas sur le parc réel. Rien ne garantit que les points de vente manquants se répartissent comme les autres, ils sont probablement plus souvent indépendants, ce qui rendrait le taux d’indépendance ici mesuré pessimiste, et la part détenue par un fabricant optimiste.
Le chiffre de 37,7 % est un maximum. Les 348 franchises identifiées le sont parce qu’elles affichent leur enseigne ; celles qui ne l’affichent pas sont comptées comme indépendantes.
La Corse-du-Sud et Mayotte sont absentes du recensement. Quarante-quatre adresses corses de l’Annuaire Santé et deux adresses mahoraises n’ont trouvé aucun établissement actif à l’adresse exacte : elles relèvent du défaut d’appariement décrit plus haut, celui qui touche 26,4 % des adresses de l’Annuaire, et non d’une particularité locale. La Haute-Corse, elle, est présente, avec cinq adresses seulement. Le rattachement des codes postaux corses aux deux départements repose par ailleurs sur un seuil approximatif, documenté dans la méthodologie, mais un défaut d’étiquetage déplacerait des lignes entre 2A et 2B, il n’effacerait pas un département. Les 99 départements couverts ne sont donc pas les 101 de la France.
Le rachat de GN Hearing n’est pas réalisé. Annoncé le 16 mars 2026, son closing attendu fin 2026 reste soumis aux autorisations de concurrence. La contrepartie comprend une part en numéraire et une part en titres Amplifon remise au cédant, qui conservera donc une participation dans l’acquéreur2. Les 28,2 % sont une projection conditionnelle.
Le décompte par fabricant ne retient que les liens établis par une pièce publique. Un lien capitalistique entre un réseau français et un fabricant n’entre dans le décompte que s’il est établi par une décision d’autorité ou par une publication du groupe concerné. Les rapprochements commerciaux, accords d’approvisionnement et partenariats de marque n’y figurent pas : ils ne valent pas détention. Plusieurs réseaux du parc sont dans ce cas et sont classés sans marqueur fabricant.
Aucune liste nominative n’est publiée. Les résultats sont donnés par catégorie et par département. Une partie des points de vente est exploitée par des personnes physiques, dont la raison sociale est le nom : ni adresse, ni code postal, ni raison sociale d’exploitant ne sortent de notre fichier de travail. Les cas cités dans le corps de l’article sont documentés et vérifiés individuellement, et les sociétés y sont désignées sans être nommées.
Les groupes cités n’ont pas été sollicités avant publication. Cette étude ne repose sur aucune information qu’ils seraient seuls à détenir : chaque rattachement d’une enseigne à un groupe est établi par une pièce publique citée en sources, décision de l’Autorité de la concurrence, registre SIRENE, Annuaire Santé. Toute pièce contraire adressée à la rédaction sera examinée et, si elle est fondée, donnera lieu à une correction publiée et datée ; les demandes se font par notre page contact.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il de centres d’audioprothèse en France ?
Cette étude en recense 5 404 à partir des registres publics, mais ce chiffre est un plancher : nos contrôles montrent que l’Annuaire Santé en manque environ un quart à leur adresse exacte, et un balayage extérieur aux registres en retrouve près de 8 700. Le sous-comptage n’est pas uniforme, de l’ordre de 1,7 à 1,8 en zone dense ou de densité médiane, jusqu’à 2,7 en zone peu dense. Les estimations professionnelles publiées situent le parc autour de 8 300 centres début 20264.
Quelle part des centres appartient à un fabricant d’aides auditives ?
17,2 % du parc recensé, soit 928 points de vente, relèvent d’un groupe contrôlé par un fabricant. Sur 724 d’entre eux, 13,4 %, la société qui exploite le centre appartient en propre au fabricant. Pour 199 autres, le contrôle est établi au niveau du groupe et non de la société locale. Les 5 derniers sont rattachés au fabricant par la seule enseigne portée au registre, le capital de leur exploitant n’étant pas public.
Comment savoir si mon audioprothésiste est indépendant ?
Aucune source publique ne permet de le déterminer avec certitude. Un franchisé possède sa propre société, sa propre raison sociale et sa propre adresse : dans les registres, il est indiscernable d’un indépendant. Le plus simple reste de poser la question directement au professionnel.
Un centre appartenant à un fabricant vend-il uniquement ses marques ?
Cette étude ne l’a pas mesuré et ne peut pas y répondre. Elle établit la détention du capital, pas les pratiques de délivrance. La part des marques du groupe dans les appareillages réalisés en centre intégré n’est publiée par aucune source.
Le prix de mon appareil dépend-il du propriétaire du centre ?
L’étude n’a mesuré aucun écart de prix. Les tarifs relèvent d’autres facteurs, notamment de la classe d’appareil et du dispositif 100 % Santé, dont les conditions sont détaillées dans notre guide des prix.
Les données de cette étude sont-elles réutilisables ?
La méthodologie est publiée sur sa propre page, et sa version longue est communicable sur demande. Les données détaillées ne le sont pas et ne le seront pas : elles permettraient d’identifier des exploitants en nom propre. Nous ne promettons donc aucune reproductibilité depuis un fichier. L’auteur se tient à disposition des journalistes, chercheurs et professionnels du secteur qui souhaiteraient examiner le détail des calculs.
Encadré, comment cette étude a été construite
Le recensement croise trois sources publiques : le répertoire SIRENE de l’INSEE, l’Annuaire des entreprises et l’Annuaire Santé de l’Assurance maladie. L’appariement des 5 404 adresses, le regroupement par SIREN et le rattachement des enseignes à leur groupe suivent une méthode décrite étape par étape dans la méthodologie, qui détaille aussi les vérifications manuelles réalisées et celles qui restent à faire.
Nous publions la méthode, pas les données. Le fichier de travail n’est pas diffusé et ne le sera pas : une partie des points de vente est exploitée par des personnes physiques, dont la raison sociale est le nom. Le publier reviendrait à publier ces noms avec leur adresse.
Nous ne promettons donc pas que ces chiffres soient refaisables depuis un jeu de données : ils ne le sont pas. Ce qui est opposable, c’est la méthode publiée, sa version longue communicable sur demande, et chaque rattachement pris un par un, sur pièce publique. Toute pièce contraire adressée à la rédaction sera examinée et, si elle est fondée, donnera lieu à une correction publiée et datée.
Nos sources de revenus et nos intérêts sont déclarés en tête d’article et sur notre page transparence.
Sources
- Demant / Audika : décision 15-DCC-115 du 18 septembre 2015, relative à la prise de contrôle exclusif de la société Audika Groupe et de ses filiales par le groupe William Demant, autorisée sous engagements, cession de onze centres auditifs et interdiction, pendant dix ans, de les racheter ou de les franchiser. Audika comptait alors 476 centres en France. La décision relève que William Demant détenait à cette date une participation minoritaire dans Audilab (108 centres) et Auditis (11 centres) : la prise de contrôle d’Audilab n’interviendra que quatre ans plus tard ;
- Demant / Audilab : décision 19-DCC-244 du 11 décembre 2019, relative à la prise de contrôle exclusif de la société Audilab et de ses filiales par le groupe William Demant, autorisée sous condition de cession de deux centres (Apt et Châtellerault) et d’interdiction de rachat pendant dix ans. Audilab comptait alors 213 centres. La décision relève que Demant était par ailleurs présent en France via Audika (570 centres) et Bauhaud (15 points de vente).
- Sonova / Audition Santé : Audition Santé est présentée comme une marque du groupe sur le site institutionnel de Sonova, page Audition Santé, consultée le 4 août 2026. Sonova a par ailleurs acquis AudioNova en 2016. Le lien SIRENE côté français est établi par l’unité légale SONOVA AUDIOLOGICAL CARE FRANCE SAS, SIREN 423228915.
- Audika / SOGECA : l’unité légale SIREN 308895770 porte la dénomination SOGECA et la dénomination usuelle AUDIKA au répertoire SIRENE, de façon continue depuis au moins 2018.
Réserve sur l’exhaustivité. Le périmètre par fabricant repose sur les enseignes identifiées dans cette étude. Rien ne garantit qu’un fabricant ne détienne pas d’autre enseigne française non repérée : la décision 19-DCC-244 mentionne ainsi Bauhaud, réseau absent de notre table de correspondance. Une enseigne omise ferait sous-estimer la part détenue en propre. À l’inverse, le total de 17,2 % agrège deux périmètres où le contrôle n’est pas établi au niveau de la société d’exploitation : les 199 rattachés au groupe et les 5 rattachés par la seule enseigne. Il est à lire comme une borne haute, dont la borne basse est la détention en propre seule, 724 points de vente, soit 13,4 %. Une omission ne peut pas l’augmenter à tort.
Date de la preuve. Les rattachements de Demant à Audika et à Audilab — 702 points de vente, les trois quarts du total de 928 — reposent sur des décisions de 2015 et de 2019. Le répertoire SIRENE porte toujours, au 4 août 2026, la dénomination usuelle AUDIKA sur le SIREN 308895770 : cela atteste la continuité de l’enseigne, pas celle de la détention. Aucune pièce datée de 2026 n’établit positivement la persistance de ce contrôle capitalistique. L’étude établit donc un contrôle acquis à ces dates, et non sa persistance à la date de publication. Le rattachement de Sonova, lui, est corroboré au présent par la dénomination sociale de l’unité légale SONOVA AUDIOLOGICAL CARE FRANCE SAS.
Sources primaires de l’étude
- INSEE, base SIRENE, API 3.11, extraction du 3 août 2026.
- Assurance maladie, Annuaire Santé, fichier ouvert, extraction du 3 août 2026.
- Annuaire des entreprises (INSEE et RNE), API
recherche-entreprises, consultation du 4 août 2026. - Répertoire partagé des professionnels de santé, via l’API FHIR de l’Annuaire Santé, synchronisation du 1er août 2026.
Toutes les extractions, leurs volumes annoncés et obtenus, et les écarts constatés sont consignés dans notre journal de travail, communicable sur demande.
Notes
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Chaîne de détention capitalistique. Le lien entre chaque enseigne et sa société mère est établi par des décisions de l’Autorité de la concurrence française, consultées le 4 août 2026 : ↩ ↩2 ↩3 ↩4
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GN Store Nord A/S, communiqué du 16 mars 2026, GN Store Nord A/S enters into agreement to sell its Hearing business to Amplifon S.p.A. for DKK 17.0 billion ; communiqué Amplifon du même jour. Closing attendu fin 2026, sous réserve des autorisations réglementaires et de concurrence. ↩ ↩2
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Confrontation des unités de compte, journal de travail interne, entrée du 4 août 2026 et sa rectification du 1er septembre 2026, communicables sur demande. Les effectifs de l’entrée du 4 août sont antérieurs aux arbitrages d’attribution définitifs : ce sont les chiffres publiés ici qui font foi. Le comptage brut par SIREN au registre inclut sièges et entrepôts ; l’appariement entre SIRET et registre des professionnels sous-compte les praticiens salariés dont le SIRET du lieu d’exercice n’est pas renseigné. Aucune de ces mesures n’est présentée comme le dénombrement de référence. ↩
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Baromètre de la Distribution 2026, Audiologie Demain, dossier du numéro 61 de juin-juillet 2026, étude réalisée par Veltys sur la base de l’Annuaire de l’Audition, données arrêtées à février 2026 : 8 287 centres au 1er février 2026, en hausse de 5 % sur un an (7 898 centres en 2025) et de 52 % depuis 2019. Chiffres relevés le 4 août 2026. Les parts par enseigne citées dans cet article, top 10 à 55 % des centres en 2026 contre 65 % en 2019, Amplifon 9,3 % et 768 centres, Audika 7,6 %, proviennent du même baromètre, page « Dynamique des acteurs », également consultée le 4 août 2026 dans sa partie en accès libre. Périmètre et méthode distincts des nôtres, les totaux ne sont pas directement comparables, et c’est précisément ce qui rend la confrontation utile. ↩